la lettre

Publié le par brulé

j'ai décidé de publier cette lettre, écrite par Marco Bertossi et destinée à Cyril Alonso, vigneron "nature" et accessoirement élu "vigneron de l'année Beaujolais/Bourgogne". Elle résume parfaitement la situation qui est la nôtre , cavistes, vignerons, rstaurateurs et consommateurs qui défendons les vins natures... ... A méditer.

Courrier à Cyril Alonso un adepte des "Vins Natures"

Cher Cyril
J’apprécie la démarche qui consiste à revenir au produit originel et à abandonner tous les artifices qui ont pour but de maquiller les vins. Je pense que vous êtes dans le vrai car aujourd’hui la concurrence est rude et la technologie est maîtrisée par les industriels du vin de tous les pays et il n’est plus difficile de proposer des vins présentables. L’idée même de redonner de l’esprit à nos vins afin qu’ils expriment une origine et une pureté intrinsèque est un pied de nez à l’uniformisation. La difficulté est que le consommateur de base (mais aussi les professionnels sommeliers, cavistes et acheteurs) est formaté à goûter des vins standardisés. Le marketing a fait son oeuvre mais il présente ses limites car si l’on continue ainsi nous assisterons à une lassitude et par conséquent à une baisse de la consommation au profit d’autres boissons plus exotiques. Il est certain que faire un vin comme vous le concevez est plus risqué, plus contraignant et demande plus d’attention mais c’est toute la différence entre un tableau de maître et une toile d’Ikea, on en revient à la notion noble du métier de vigneron !

Votre action je la soutiendrai avec véhémence et passion car elle doit être connue, appréciée à sa juste valeur. La communication de nos jours est primordiale. Croyez bien qu’en tant que sommelier, formateur et vendeur de vin (puisque j’associe toutes ses fonctions) je ne supporte plus toutes ces structures industrielles qui asphyxient les petites unités, elles écornent tous les principes de base, nivèlent vers le bas et en collaboration avec les grandes surfaces tendent à amalgamer le vin artisanal et le vin industriel. Ainsi utilisent elles n’importe quelle appellation pour véhiculer leurs vins sans âme, à travers des packaging étudiés pour attirer le badaud de base (C’est toute la difficulté de l’INAO en ce moment, l’AOC n’est pas la garantie de la qualité). Ce monde du vin là nous le côtoyons tous les jours, il est omniprésent mais nous ne nous en rendons pas compte. Sachez que vous trouverez en moi un défenseur de vos vins, je souhaite ainsi convertir le plus de professionnels sommeliers, cavistes... autour de ce principe, nous y avons tous à gagner. Sincères salutations

Marco Bertossi

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