le vigneron à l'arme blanche.

Publié le par brulé

Samedi, fin de soirée un peu drunk. Tout le monde se confie, étale sa misère et défait le monde. Nous sommes trois, Gwen (franc buveur), Christophe (vigneron Lunaire) et moi. Autour d’une bouteille de Boulard 2002 nous discutons enfin du fond, pour enfin le toucher… Faire ce genre de vin est un acte assurément politique (et le boire aussi), bien plus global que l’on pourrait le penser. Chaque geste effectué dans la vigne et en vinification porte en lui un sens économique, philosophique et politique. Il faut les boire avec autant de sens. Pour élaborer un vin de ce type, sans filet aucun, il faut obligatoirement y mettre un sens profond, fondamental et c’est ce que fait Christophe. Il prédit une fin catastrophique à notre modèle de société, à notre économie et à notre environnement : « je continue pour mes enfants, mais s’il le faut je prendrais une Kalachnikov, ma vie je n’y tiens pas plus que ça… » drôle de révélation mais pleine de signification… L’action politique n’est pas toujours là où on l’imagine, que les petits militants gentiment encartés en prennent de la graine. «  Nous sommes assez nombreux  lui dis-je,  et dans pleins de domaines différents, il y a peut être moyen de se rencontrer et de se regrouper ». Les bulles de Francis Boulard nous élargissent l’esprit et nous donnent des idées. Gwen est dans son élément. « je fait ce métier dans le but d’en vivre, uniquement, et c’est déjà un luxe » nous dit Christophe. Dur de faire comprendre ça à un banquier. Vivre de ce que l’on aime faire, indépendamment des pressions, du marché, des exigences du consommateur ? Christophe ne présente même plus ses vins à l’AOC, «même en vin de pays, je veux plus,  j’en ai ras le bol de leurs conneries… » alors il les vend tous sous la dénomination « vin de table ». Peu importe, les gens achètent de la « Lunotte » et non pas du Touraine.

Nous allons tout droit vers l’époque des vins d’Auteurs, des vins signés comme une toile. L’AOC ne veut pas de ces vignerons ? Qu’elle se rassure, ils ne veulent plus d’elle.

 C’est désormais l’heure du séparatisme et tout cela ne fait que commencer...

Publié dans lefruit.defendu

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