De retour du Paradis...

Publié le par brulé

photo: Raffaele BONIVENTO

A chacun son pèlerinage, son voyage en terre sainte. Le mien, de pèlerinage fut intense. La mienne, de terre sainte est un endroit curieusement vierge. Vierge de toute superficialité, vierge de tout confort et pour cause… Claude Courtois et sa famille vivent reclus , isolés du monde, en marge de la société. En entrant chez les Courtois, on ressent une émotion bizarre : Tout d’abord un profond respect pour le personnage ( icône du vin naturel dans toute le France et dans le monde entier) et une grande humilité  face à l’ « ogre », ensuite un certain malaise de voir dans quelle précarité les vins sont mis au monde. Comment peut-on produire d’ici parmi les plus grands vins ( en tout cas les plus miraculeux) du monde ? C’est tout à fait incompréhensible mais extrêmement jouissif car approcher le miracle est toujours une source d’émotion intense. 

Voyage en terre sainte donc, mais ici les seuls missiles bombardés sont enfermés avec du liège.

Nous commençons par une visite chez Julien, le fils (prodigue ?), qui ira certainement encore plus loin que son père : « il ira loin le juju, mais il a encore des choses à améliorer, je lui ai dit » nous dit Claude. Les vins de Julien sont une curieuse alliance entre une puissance titanesque et une précision chirurgicale : Originelle 2006, bientôt mis en bouteille vous entaille littéralement la langue par sa minéralité tout en vous vous transportant sur un petit nuage d’onctuosité. Celui qui n’est pas sensible à cela devrait retourner boire du Jack Daniels car c’est tout simplement somptueux et d’une grande pureté. La pureté : c’est le mot qui résume parfaitement les vins signés Courtois. Chez Claude, nous commençons par la cuvée Or Norm 2005, qui sidère, remet les choses à leur juste place, rétablit la vérité, bref vous savez où vous êtes. On enchaîne sur Racines, Quartz, étourneaux, gascon, pinot noir, évidence, Ratafia, Mistelle, et encore plus sur barriques… Bref, les pipettes plongent dans les bondes sans s’arrêter et nous, nous hallucinons. « On goûte cette barrique et après on va déjeuner… », après avoir répété cette phrase à peu prés une dizaine de fois, nous passons à table à 14h30. Claude nous raconte tout, de ses débuts (encore plus précaires qu’aujourd’hui) jusqu’à la fin (vers 70 ans, dit-il) en passant ses soucis de voisinage, ses relations avec les grands restaurants, les grands cavistes, qu’il dit rejeter aujourd’hui pour se consacrer au plus petits (c’est nous les p’tits !)..

Nous pensions avoir tout goûté lors de cette journée en Courtoisie, mais c’était mal connaître la famille. En effet, un disciple nous accompagnait : Reynald Héaulé. Le p’tit jeune nous sort un flacon qui impressionne l’assemblée : Eclat de silice . Je m’agenouille tellement c’est beau…  Perdu dans l’Orléanais, seul au milieu du désert, il pond un vin en or. Mais qu’est ce qui les fait tourner ces mecs là ? Une réponse comme une évidence : L’isolement. Ces gars là n’avancent qu’isolés des autres, le groupe les freine, les fait patiner. alors laissons les partir loin devant, ils trouveront bien des disciples prêts à s’accrocher à un wagon.

Certains prétendent que la beauté est universelle, oui mais seulement si elle a la magie des vins des Courtois (Private Joke).

 

PS 1 : Je remercie mille fois la famille Courtois pour nous avoir offert bien plus que l’on ne méritais, en mon nom et celui du Directeur.

PS 2 : Ce post n’a rien à voir avec mes incidents gastriques du Week End qui ont un peu entachés mes festivités (manquées).

Publié dans lefruit.defendu

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PbS 22/01/2009 20:59

Au delà de l'apparence et de l'humour du commentaire d'Albert, j'aurais aimé partager cette rencontre.Longue vie et prospérité à tous............................

albert london 21/01/2009 20:52

Très belle photo ! Tout y est : Les bras croisés, la barbe, le Ché, la quille, etc...Du vrai photo-journalisme !Bravo.